UNE MOTO EUROPEENNE, UN PROJET INDUSTRIEL ANGEVIN

Concevoir et construire une moto ? L'idée peut paraître folle à l'heure où les dinosaures japonais monopolisent les ventes mondiales. Pourtant, les chiffres du marché sont révélateurs. Quand une marque allemande tient la route, Italiens et Anglais sont en pleine accélération. En donnant naissance à un roadster de 900 cm3, son concepteur français, Olivier Midy, a tiré profit de sa culture de la moto et de l'expérience industrielle de son équipe. De l'étude du marché à l'élaboration du prototype, le créateur s'est d'abord montré entrepreneur. La nouvelle moto européenne n'est pas seulement une machine innovante et racée. Elle porte aussi en elle un vrai projet industriel et à terme 3 ou 400 emplois à la clé.

UNE MOTO, UN MARCHE

En reprenant l'histoire de la moto, Olivier Midy s'est surtout attaché à étudier l'évolution du marché et ses potentialités. Les chiffres sont là : en France, les ventes de machines neuves ont doublé en trois ans. Autre fait marquant, le retour en force des constructeurs européens restés fidèles à un concept de moto à la fois performante et racée. A 35-40 ans, l'acheteur privilégie, en effet, une grosse cylindrée qui offre caractère et sensations. En pleine expansion, ce segment de marché offre aussi des marges bénéficiaires plus élevées. Sur ce terrain là, il y a effectivement la place pour un nouveau constructeur capable de proposer des innovations techniques et de répondre aux attentes des utilisateurs.
UN CONCEPT, UNE MARQUE

Harley, Triumph, Ducati, Laverda... Toutes ces marques font encore rouler l'histoire de la moto. Elles sont toutes issues d'un concept original en termes de mécanique et de design. C'est la piste qu'a choisi Olivier Midy en mettant en route sa propre mécanique. En s'inspirant d'une machine anglaise du début du siècle, l'ingénieur français a réussi à donner naissance à un tout nouveau moteur flat-twin ! de quoi s'ouvrir déjà le marché britannique.
UNE HISTOIRE, UN AVENIR

Le légendaire moteur flat-twin à l'anglaise, signé Douglas est mort à la fin des années 1930. Il a montré toutefois toutes ses qualités avant d'être abandonné faute d'évolutions techniques. Olivier Midy a su relever le défi en analysant ses qualités et ses défauts. Forte de son expérience en "Recherche et Développement" et grâce aux logiciels les plus performants du marché, l'équipe de MIDUAL s'est investie sur chaque pièce de la moto. Son credo : allier innovation, fiabilité, performance et esthétique. Cette fonction "Recherche et Développement" a permis de répondre aux exigences et aux enjeux de la conception et de la fabrication de tous les éléments. En développant notamment sa mécanique, la Société CEMM s'est appliquée à respecter toutes les étapes de la faisabilité industrielle. Son créateur s'est aussi attaché d'emblée à mettre en œuvre un design technique. Chaque pièce est ainsi dessinée pour s'intégrer à l'ensemble.
UNE CULTURE INDUSTRIELLE, UNE SOUS-TRAITANCE DE QUALITE

Des ébauches au stade actuel, il a fallu quelque 22.000 heures de travail pour bâtir le projet et appréhender tous les problèmes inhérents à chaque pièce. La démarche industrielle adoptée comprend des phases d'études, puis des phases de validation et de développement sur des maquettes, des propotypes et en fin sur des modèles de pré-série afin de parvenir à des spécifications de qualité maximum.
Dans un deuxième temps, l'équipe MIDUAL va s'investir dans la mise en place du réseau de fournisseurs et sous-traitants chargés de fabriquer les composants du moteur, les éléments de la partie cycle, de l'habillage et des accessoires. Etape décisive car CEMM assemblera dans son usine les moteurs et les motos. Elle devra aussi mettre en place l'outil de production et les outillages spécifiques à la fabrication en séries.
UNE LOGIQUE INDUSTRIELLE A LONG TERME

En élaborant méthodiquement et patiemment son projet industriel MIDUAL s'est d'emblée positionnée dans la logique d'une usine pouvant produire à terme 7 à 8000 motos / an. Son profil et sa taille sont ceux adoptés par de petits constructeurs bien positionnés sur des niches de marché comme Laverda ou Moto Guzzi. Assemblage de sous ensembles, logistique pointue et partenariat technique avec des équipementiers.
La priorité, c'est le marché européen : la France certes mais surtout l'Allemagne et l'Angleterre. Deux grandes étapes intermédiaires balisent cette évolution : une phase de lancement de 500 à 800 motos par an et une phase de développement à 3.000 motos par an.
Le marketing restera une fonction forte et très vite la gamme devra comporter plusieurs modèles pour aborder sainement de tels marchés : des versions demi-carénée, sportive et GT seront declinées en 750 et 900 cm3 autour de la même base mécanique. La qualité du pôle "recherche et développement", base de la création de ce premier produit restera elle aussi déterminante.
Ce projet industriel est un enjeu de taille pour la région angevine puisque les prévisions d'emploi sont claires : 150, puis 300 à 400 personnes.